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Elsa Tannous : quand les RH deviennent un levier pour transformer la tech de l’intérieur.

  • Photo du rédacteur: pauleemmanuelle2
    pauleemmanuelle2
  • 10 mai
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 mai

Dans l’univers technologique, certaines personnes dénoncent les inégalités. D’autres bâtissent des solutions concrètes. Elsa Tannous fait clairement partie de cette deuxième catégorie.

Titulaire d’un MBA en gestion des ressources humaines de l’école MBway à Grenoble, cette Franco-Québécoise évolue depuis plus de dix ans à la croisée des ressources humaines, du recrutement technologique et du développement des talents. Mais au fil des années, une évidence s’est imposée à elle : le problème n’était pas le manque de compétences des femmes dans la tech, c’était surtout le manque de place qu’on leur laissait.

Installée à Laval, elle décide alors de transformer cette frustration en action. En 2024, elle fonde DigiWomen, un organisme à but non lucratif dont la mission est claire : former, connecter et propulser les femmes et les filles dans l’écosystème numérique québécois.



Le déclic : transformer la pandémie en point de départ

Comme beaucoup, Elsa Tannous profite du ralentissement imposé par la pandémie pour réfléchir à l’impact qu’elle souhaite réellement avoir. Là où certains voient une pause, elle voit une opportunité stratégique : préparer une structure capable de changer durablement les règles du jeu.

Son constat est simple. Les métiers technologiques souffrent encore de nombreux stéréotypes. Trop souvent, la tech est perçue comme un domaine ultra-technique réservé à un profil unique. Pourtant, les besoins du secteur sont vastes : gestion de projets, ressources humaines, analyse de données, cybersécurité, communication, UX, transformation numérique, SAP, intelligence artificielle…

Pour Elsa, la diversité des parcours doit devenir une force de l’industrie.

« Ce n’est pas une mode les femmes en tech — c’est une nécessité. »

DigiWomen : bien plus qu’un organisme

En moins d’un an, DigiWomen s’est imposé comme un véritable écosystème d’accompagnement pour les femmes en technologie.

L’organisation multiplie les initiatives concrètes :


Women Tech Talk

Des rencontres et discussions mensuelles entre professionnelles de la tech afin de partager leurs expériences, créer des connexions et élargir leur réseau professionnel.


J’ose la Tech

Un programme immersif destiné aux jeunes filles de 8 à 17 ans pour leur faire découvrir les métiers du numérique dès le plus jeune âge.


Académie TechMoms

Une initiative pensée pour les mères souhaitant se reconvertir, développer de nouvelles compétences ou intégrer le secteur technologique.


Journée de la Femme Numérique

Un salon de l’emploi et du réseautage réunissant entreprises, recruteurs et femmes souhaitant évoluer dans la tech. La première édition a rassemblé plus de 200 participantes au Collège Montmorency.

Mais DigiWomen ne s’arrête pas aux événements. Elsa Tannous comprend aussi l’importance de la visibilité médiatique. Elle anime chaque semaine l’émission Tech & Transmission sur les ondes de CIBL 101.5 afin de mettre en lumière les enjeux liés à la diversité et à l’inclusion dans l’industrie technologique québécoise.


Women of SAP : faire entrer les grandes entreprises dans la conversation

En 2026, DigiWomen franchit une nouvelle étape stratégique avec le lancement officiel de Women of SAP, une branche spécialisée dédiée aux femmes évoluant dans l’écosystème SAP.

Le choix n’est pas anodin.

SAP est aujourd’hui l’un des ERP les plus utilisés au monde par les grandes entreprises, institutions publiques et multinationales. Pourtant, seulement 27,9 % des postes SAP sont occupés par des femmes.

Avec Women of SAP, Elsa Tannous veut créer :

  • un réseau structuré pour les professionnelles SAP ;

  • des espaces de mentorat et de visibilité ;

  • des ateliers techniques et certifications ;

  • des opportunités de carrière et d’accélération salariale ;

  • un environnement plus inclusif dans les grandes organisations.

Cette initiative marque un tournant important : DigiWomen ne sensibilise plus uniquement le public, l’organisation dialogue désormais directement avec les grandes entreprises et les décideurs technologiques.


Femmes en Tech, et alors ? : raconter les pionnières

Pour Elsa Tannous, l’inclusion passe aussi par les récits.

C’est dans cette logique qu’est né Femmes en Tech, et alors ?, présenté comme le premier documentaire québécois mettant en lumière des femmes qui façonnent l’industrie technologique. Le documentaire a été dévoilé lors d’une avant-première à Montréal, réunissant leaders technologiques, partenaires institutionnels et acteurs de la diversité.

L’objectif est clair : montrer aux jeunes filles qu’elles ont leur place dans cet univers.

Parce qu’on ne peut pas devenir ce qu’on ne voit jamais.



Une vision qui dépasse le militantisme

Ce qui distingue Elsa Tannous, c’est sa capacité à transformer le militantisme en stratégie concrète.

Elle ne se contente pas de dénoncer les statistiques. Elle construit des programmes, crée des réseaux, développe des partenariats et ouvre des portes.

Aujourd’hui encore, les chiffres restent parlants :

  • seulement environ 25 % de la main-d’œuvre technologique est féminine ;

  • à peine 11 % des femmes accèdent à des postes de leadership dans le secteur.

Mais dans la vision d’Elsa Tannous, ces chiffres ne sont jamais une fatalité. Ils représentent plutôt une feuille de route.

Et surtout, la preuve qu’il reste encore énormément d’espace à conquérir.

 
 
 

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